Différences entre les versions de « 4. A. Les verbes transitifs directs »

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* Devant ''l<nowiki>'</nowiki>aute'', ''los autes'' dans l'expression "l'un l'autre", "les uns les autres":
* Devant ''l<nowiki>'</nowiki>aute'', ''los autes'' dans l'expression "l'un l'autre", "les uns les autres":


'''Atau, ns'èram abituats a se sauvar l'un ''a'' l'aut.''' (Manciet): "Ainsi, nous nous étions habitués à nous sauver l'un à l'autre."
'''Atau, ns'èram abituats a se sauvar l'un ''a'' l'aut.''' (Manciet): "Ainsi, nous nous étions habitués à nous sauver l'un l'autre."


'''Que ns'acusàvam los uns ''aus'' auts dens nòsts silencis.''' (Manciet): "Nous nous accusions les uns les autres dans nos silences.e"
'''Que ns'acusàvam los uns ''aus'' auts dens nòsts silencis.''' (Manciet): "Nous nous accusions les uns les autres dans nos silences."


* Dans des constructions comme les suivantes, one trouve pas ''a'' parce que l'on n'a pas affaire à une reprise de COD, mais à une apposition au sujet:
* Dans des constructions comme les suivantes, one trouve pas ''a'' parce que l'on n'a pas affaire à une reprise de COD, mais à une apposition au sujet:
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* Certains verbes admettent en plus du COD un complément indirect introduit par ''a'', que l'on appelle ''complément d'objet second'' et qui indique le bénéficiaire ou le destinataire de l'action:
* Certains verbes admettent en plus du COD un complément indirect introduit par ''a'', que l'on appelle ''complément d'objet second'' et qui indique le bénéficiaire ou le destinataire de l'action:


'''Qu'èi hèit un present ''a'' la mia amistòia''' "J'ai fait un cadau à ma copine."
'''Qu'èi hèit un present ''a'' la mia amistòia''' "J'ai fait un cadeau à ma petite amie."


''un present'': COD
''un present'': COD

Version actuelle datée du 22 septembre 2022 à 15:59

Les verbes gascons peuvent être transitifs directs, transitifs indirects ou intransitifs.

Les verbes transitifs admettent un complément d'objet, généralement placé après le verbe, sauf dans le cas des pronoms personnels atones, alors que les verbes intransitifs n'en admettent pas.


Généralités

Les verbes transitifs directs prennent l'auxiliaire aver aux temps composés:

Qu'as hèit çò qui calè.: "Tu as fait ce qu'il fallait."

Leur complément d'objet est un complément d'objet direct (COD), c'est-à-dire, construit sans préposition:

Ne coneish pas los sons vesins.: "Il ne connaît pas ses voisins."


Pronominalisation du COD

Le complément d'objet direct peut être remplacé par un pronom personnel indiquant l'objet direct: me, te, lo, la, ac, nse, vse, los, las, se.

Ne coneish pas los sons vesins. --> Ne'us coneish pas.

Ne sap pas tot aquò. --> N'ac sap pas.


Cas où le complément d'objet direct se construit avec la préposition a

On parle de complément d'objet direct parce que, généralement, il suit directement le verbe, sans être introduit par une préposition. Toutefois, le complément d'objet direct des verbes transitifs directs est parfois construit avec la préposition a. On trouvera cette construction dans les cas suivants:


Le COD est un nom propre, ou un surnom, de personne ou d'animal

Ací, per companha, qu’as a Pirena. (Sarrieu): "Ici, pour compagne, tu as Pyrène."

lo helerèr qui avè gahat a Maria (Casebonne): "l'affliction qui s'était emparée de Marie"

E vosauts, qui de longtemps ençà legívatz a Lacasa... (Camélat): "Et vous, qui depuis longtemps lisiez Lacaze..."

Ne crei pas a Anna. (Javaloyès): "Je ne crois pas Anne."

Jo qu’espièi a Memé... (Javaloyès): "Je regardai Mémé..."

Per'mor d'aquò que volè véder a Mossur. (Palay): "C'est pour cette raison qu'il voulait voir Monsieur."

Que'vs voi amuishar quin èm contents la hemna e jo de liurà'vs a Moreta. (Camélat): "Je veux vous montrer combien nous sommes contents ma femme et moi de vous remettre Mourette." [il s'agit d'une jument]

Qu'èri viengut uei tà demandà'vs a Victorina com hemna. (Camélat): "J'étais venu aujourd'hui vous demander Victorine comme femme."

Cependant, cette construction n'est pas obligatoire et on pourrait construire les même phrases sans a. Il semble que a n'est jamais employé lorsque le nom propre est précéde de l'article lo, la:

Qu'èi vist lo Pièrra. (L2): "J'ai vu Pierre."

On as l'Ambròsi? (Camélat): "Où est Ambroise?"

en har entrar la Margòt (Palay): "en faisant entrer Margot"

Toutefois, même dans ce cas, a peut s'employer lorsque le nom propre est accompagné d'un adjectif qualificatif:

Setina e Margalida crotzèn a la vielha Janeton. (Yan dou Sabalot): "Sétine et Marguerite croisèrent la vieille Yanétou."


Le COD est une personne (non désignée par son nom propre ou son surnom)

  • Dans de rares cas, on emploie a devant tout COD au singulier désignant une personne:

Lo chivalièr lavetz espiè a la beròja. (Palay): "Le chevalier alors regarda la belle."

De's pèrder, joenòt, a pair e mair, que l'a cambiat... (Javaloyès): "De perdre, tout jeune, ses parents l'avait changé..."

  • Bien que cet usage ne soit pas fréquent, on le trouve généralement avec pair e mair, ces derniers étant traités comme des noms propres. Cf. ci-dessus: Jo qu'espièi a Memé.


Le COD est un pronom indéfini ou interrogatif, ou est introduit par un déterminant possessif ou démonstratif

Non voi veir ad arrés. (Sarrieu): "Je ne veux voir personne."

Si non m'engani, que cercatz a quauqu’un. (Palay): "Si je ne me trompe, vous cherchez quelqu'un."

Que suspectatz a quauquarrés especiaument ? (Peyroutet): "Vous soupçonnez quelqu'un spécialement?"

... qui's trufan plan beròi de saber a qui van tuar. (Javaloyès): "... qui se moquent bien de savoir qui ils vont tuer."

Qu'èi trobat a ton pair qui dalhava. (Bouzet): "J'ai rencontré ton père qui fauchait."

si au mens aimas ad aqueth gojat (Yan dou Sabalot): "si du moins tu aimes ce garçon"

Ici non plus, l'emploi de a n'est pas systématique, bien que fréquent:

N'èi pas vist arrés. (L2): "Je n'ai vu personne."

Mair, qui espiavi, que m'ataquè autanlèu. (Camélat): "Maman, que je regardais, m'attaqua aussitôt."


Le COD est un nom ou pronom qui forme le second terme d'une comparaison

Que l'aimi mei qu'a l'auta gojata.: "Je l'aime plus que l'autre fille."

Eth, vençut, parièr que la potoè, mes com a ua sòr o ua mair. (Javaloyès): "Lui, vaincu, l'embrassa pourtant, mais comme une soeur ou une mère."

  • Dans ce cas, on trouve, rarement, a même devant un nom ou un pronom qui ne désigne pas une personne:

Com a las pèiras preciosas, lo temps non la tocarà pas. (Palay): "Comme les pierres précieuses, le temps ne la touchera pas."

On voit que dans cette phrase aussi, l'emploi de a permet de lever une ambiguïté.


Le COD est COD d'un verbe sous-entendu

Lo vedó passar, com la bèstia au caçaire. (Manciet): "Il le vit passer, comme la bête [voit passer] le chasseur."

Que't castigarí a tu permèr qu'aus de dehòra. (Bouzet): "Je te punirais, toi, plutôt que [de punir] les étrangers."

Dans ce cas, l'emploi de a permet d'éviter l'ambigüité que présenteraient les phrases sans a. L'emploi de a n'est pas systématique dans ce cas:

Dens la nueit, que se me n'empòrta com un esparvèr lo poric. (Lapassade) (pour: com un esparvèr se s'empòrta lo poric): "Dans la nuit, il m'emporte comme un épervier [emporte] le poussin."


Cas où l'emploi de a est pratiquement de règle

Même si on en trouve parfois des contre-exemples, l'emploi de a devant le COD est pratiquement de règle, selon André Hourcade, dans les cas suivants:

  • devant un pronom personnel accentué, c'est-à-dire jo, tu, vos, eth, era, nosautes, vosautes, eths, eras employés commme COD:

Non avèm qu'ad eth com hilh... (Camélat): "Nous n'avions que lui comme fils..."

N'atendè pas qu'ad eth. (Yan Palay): "Il n'attendait que lui."

Se n'a pas qu'a jo... (Camélat): "Si tu n'as que moi..."

Se n'an qu'a vos, los marchands de bajaulas que's pòden barrar las botigas. (Camélat): "S'ils n'ont que vous, les marchands de lunettes peuvent fermer leurs boutiques."

Qu'alebèn l'aute gojat e a jo non ! (Javaloyès): "Ils blessèrent l'autre garçon et pas moi!"

  • devant les noms ou les pronoms, désignant des personnes, qui répètent ou annoncent un pronom personnel conjoint au verbe; dans ce cas, ce COD introduit par a peut être précédé d'une virgule, qui marque une pause dans la prononciation :

Dèisha'm har a jo. (Peyroutet): "Laisse-moi faire, moi."

Que'us aví susprés, aus dus! (Javaloyès): "Je les avais surpris, les deux!"

Que t'aimi mes a tu. (Abadie): "Je t'aime plus, toi."

Que’us as vists a tots dus ? (Palay): "Tu les as vus tous les deux."

Ad aquera Isabèu, que la vedoi l’aute dijaus matin au ras de la bòrda de Barnabèu. (Javaloyès): "Cette Isabelle, je l'ai vue jeudi matin de la semaine dernière près de la grange de Barnabé."

Que trobava qu'avè lo còr pro gran e pro generós tà las poder aimar a totas. (Yan dou Sabalot): "Il trouvait qu'il avait le coeur assez grand et assez généreux pour pouvoir les aimer toutes."

Lo tenguèm, a la fin, a nòste volur de bolhon. (Bladé): "Nous le tenons, enfin, notre voleur de bouillon."

A Visenç Labaisha que l'aurén devut deishar au gave. (L'òrra istoèra d'un hilh de Gelòs): "Vincent Labache on aurait pu le laisser au gave."

Que'ns saludà a tot lo monde. (Larroque): "Il nous salua tous."

Que nes espiè a tots l'un après l'aut, com mèste. (Manciet): "Il nous regarda tous l'un après l'autre, comme maître."

Pren-te'm a jo!!! (Camélat): "Prends-moi comme femme!!!"

Mais le COD qui ne désigne pas une personne n'est pas introduit par a:

Que l'aiman la nueit. (Javaloyès): "Ils l'aiment la nuit."

On n'emploie pas non plus a lorsque le pronom personnel est repris, ou annoncé, par un nom propre précédé de l'article lo, la:

Que l'avè calut hòrt pregar, lo Bernat. (Camélat): "Il avait fallu le prier fort, Bernard."

  • Devant l'aute, los autes dans l'expression "l'un l'autre", "les uns les autres":

Atau, ns'èram abituats a se sauvar l'un a l'aut. (Manciet): "Ainsi, nous nous étions habitués à nous sauver l'un l'autre."

Que ns'acusàvam los uns aus auts dens nòsts silencis. (Manciet): "Nous nous accusions les uns les autres dans nos silences."

  • Dans des constructions comme les suivantes, one trouve pas a parce que l'on n'a pas affaire à une reprise de COD, mais à une apposition au sujet:

Qu'enten de governà's eth medish (Camélat): "(Le peuple de Catalogne) entend se gouverner lui-même."


Cas où on n'emploie jamais a devant le COD

On n'emploie pas a devant le COD dans les cas suivants:

  • le COD est un non-animé ou un animé non désigné par son nom propre, ou non précédé d'un déterminant possessif ou démonstratif:

Lo qui aja crompat lo libe non harà pas nat arcast au marchand. (Laborde): "Celui qui aura acheté le livre ne fera aucun reproche au marchand."

  • le COD désigne désigne une personne indéfinie ou plusieurs personnes, ou un collectif:

Qu’avem tostemps vist un avocat. (Bouzet): "Nous avons toujours vu un avocat."

Que volè recéber los joens meilèu que los vielhs. (Bouzet): "Il voulait recevoir les jeunes plutôt que les vieux."

Que i avem vist òmis e hemnas. (Bouzet): "Nous y avons vu des hommes et des femmes."

tots los grans mots dont mossur A... embriaga lo monde dab la soa batalèra (Larroque): "tous les grands mots dont monsieur A... enivre le monde avec son bavardagee"

  • le verbe auquel correspond le COD est suivi d'un infinitif précédé de a ou de:

Qu'ajudi Jaques a har lo tribalh.: "J'aide Jacques à faire le travail."


Localismes

Certains parlers gascons (parlers pyrénéens centraux et orientaux), plus conservateurs que la moyenne, ou influencés par les parlers d'outre-Pyrénées, font un plus large emploi de a:

Se non vòs creir ara neuriça vielha... (Sarrieu): "Si tu ne veux pas croire la vieille nourrice..."

Un chèf as sòs soldats que non deu cap deishar. (Sarrieu): "Un chef ne doit pas abandonner ses soldats."

en possar dera sòla ara glèuba mairala (Sarrieu): "en poussant de la semelle la glèbe maternelle"


Remplacement du COD introduit par a par un pronom personnel

Contrairement à ce qui se passe en castillan, le COD introduit par a se remplace par un pronom personnel indiquant l'objet direct: me, te, lo, la, nse, vse, los, las, se.

Qu'aimas a tu medish. ---> Que t'aimas.

En particulier, le COD féminin est remplacé par la et las:

Ne crei pas a Anna. (Javaloyès) ---> Ne la crei pas.


Ancienneté de cette construction

On trouve souvent cette construction consistant à faire précéder le COD de a dans les Récits d'histoire sainte, texte béarnais de la seconde moitié du XVe siècle. Elle semble alors avoir été d'un usage plus étendu que dans la plupart des parlers actuels:

Et vos dau nabeg mandament: que vos ametz, lo un a l’aute.: "Et je vous donne un nouveau commandement: aimez-vous l'un l'autre."

Aquest es mon mandament: Que bs ametz los uns aus autes, aixi cum jo vos ami.: "Ceci est mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, de même que je vous aime."

Lo too poble no escarnexs a tu, que antz a fen a mi.: "Ce n'est pas toi que ton peuple bafoue, mais moi."

Pregua a Diu per los toos sirbentz.: "Prie Dieu pour tes serviteurs."

Are me bedin, et encorrotexin a mi et a mon Pay.: "Maintenant ils me voient, et ils me haïssent et haïssent mon Père."

Cependant, on trouve aussi dans ce texte des exemples de non-emploi de a dans des cas où il est possible aujourd'hui:

Jagme jura que no mynyare ni begore entro que agos vist Jhesu-Xrist viu.: "Jacques jura qu'il ne mangerait ni ne boirait tant qu'il n'aurait pas vu Jésus-Christ vivant."

Et lo mon encorrotetxs [vos], ja sabetz que prumer ha encorrotit mi.: "Et le monde [vous] hait, vous savez que d'abord c'est moi qu'il a haï."

gran companha de angels, que cantaben e laudaben Diu.: "une nombreuse compagnie d'anges, qui chantaient et louaient Dieu."


Le complément d'objet second

  • Certains verbes admettent en plus du COD un complément indirect introduit par a, que l'on appelle complément d'objet second et qui indique le bénéficiaire ou le destinataire de l'action:

Qu'èi hèit un present a la mia amistòia "J'ai fait un cadeau à ma petite amie."

un present: COD

a la mia amistòia: COS

  • Le COS peut être un pronom personnel, me, te, lo (pour les deux genres), nse, vse, los (pour les deux genres).

Que m'an tirat lo colís deu *mère (L2) "On m'a supprimé le colis du maire."

lo colís deu mère: COD

m': COS

  • Lorsque le COS est un des pronoms personnels lo ou los, le COD, s'il est lui aussi pronominalisé, prend la forme ac, quel que soit le genre et le nombre du nom auquel il se réfère:

Lo mèste que s'èra avisat que la goja n'avè pas paur a la ploja ni... aus chivaus e que l'ac avè confiats. (Palay): "Le patron s'était rendu compte que la bonne n'avait pas froid aux yeux ni... peur des chevaux et il les lui avait confiés."

l': COS, pour la goja

ac: COD, pour los chivaus

  • Dans certains parlers, a peut prendre la forme en devant un, ua, aqueste, aqueth, aceth:

Be sabetz çò qui pòt díser un amorós en ua beròja amorosa... (Lalanne): "Vous savez ce que peut dire un amoureux à une jolie amoureuse."


Le datif éthique

On appelle datif éthique un complément, se rapportant à celui qui parle ou à son groupe de personnes (première personne) ou à son / ses interlocuteurs (deuxième personne), qui marque "l'intérêt qu'ils peuvent prendre à l'action exprimée par le verbe" (Alibert) ou qui les invite à s'y impliquer émotionnellement; il se présente toujours sous la forme d'un pronom personnel (me, te, nse, vse):

... ua paraula amiga, qui'us te ditz: Plan! Hèra plan! (Camélat): "... une parole amie, qui leur dit: Bien! Très bien!"

te: datif éthique

Joan, en fèit de cançons, non vs'aima que lo peish. (Camélat): "Jean, en fait de chansons, n'aime que le poisson."

vs': datif éthique

E sens aténder, que'u te debani la hèita deus escolièrs plaçats los bons a dreta e los auts a gaucha. (Palay): "Et sans attendre, je lui déroule l'histoire des écoliers placés les bons à droite et les autres à gauche."

te: datif éthique

Que'u me vas servir de temoènh. (Palay): "Tu vas lui servir de témoin."

me: datif éthique

Dans la langue parlée du moins, l'usage du datif éthique est plus étendu qu'en français:

Las poras, que las te m'an panadas! (phrase transmise par J.-B. Brana): "Les poules, on me les a volées!"

te: datif éthique


Le cas de PARLAR

Alors que, lorsqu'il a un complément indiquant le destinataire de l'action, le verbe français "parler" est transitif indirect ("Il a parlé à son chef"), dans les mêmes cas son correspondant gascon parlar est tantôt transitif direct, tantôt transitif indirect. Il en va de même pour ses synonymes: devisar, prosejar...


Emploi transitif direct

Parlar est transitif direct lorsque, au complément indiquant le nom de la personne à qui l'on parle, ne s'ajoute pas un autre complément, introduit par de, indiquant ce dont on parle:

Alavetz, qu'avoi enveja de parlar Mamà. (Javaloyès): "Alors, j'eus envie de parler à Maman."

Laròsa que devisà Calineta. (Yan dou Sabalot): "Larose parla à Calinette."

Mamà que la careça, que la proseja. (Caillabère): "Maman la caresse, lui parle."

L'absence de a devant le complément Mamà, alors même qu'il serait possible, montre bien qu'on a affaire un COD.

Autre exemple:

Ací qu'as lo haure qui voleré parlar Mossur. (Palay) (1): "Voici le forgeron qui voudrait parler à Monsieur."

À la troisième personne, ce COD se pronominalise, comme tous les COD, par lo ou la, los ou las, selon le genre et le nombre:

Que las calè parlar tot doç, de longa man ençà... (Camélat): "Il fallait leur parler doucement, longtemps à l'avance..."

Le cas échéant, on fait l'accord du participe passé avec le pronom personnel placé avant:

Non l'as jamei vista, non l'as jamei parlada la neboda de madamisèla d’Antrahòssas! (Camélat): "Tu ne l'as jamais vue, tu ne lui as jamais parlé, à la nièce de mademoiselle d'Antrehosses!"

On èra donc qui l'avè vista e parlada? (Casebonne): "Où y avait-il donc quelqu'un qui l'ait vue et lui ait parlé?"

T'a parlada? (Sarrieu): "Il t'a parlé?"

(1) Bien sûr, on peut avoir un COD introduit par a si on est dans un des cas où c'est possible ou de règle:

Qu’ei com si parlavas a Mossur. (Palay): "C'est comme si tu parlais à Monsieur."


Emploi transitif indirect

Parlar est transitif indirect lorsque, au complément indiquant le nom de la personne à qui l'on parle, s'ajoute un autre complément, introduit par de, indiquant ce dont on parle:

L'abat Laclavèra aimava de contar qu'un còp, en classa de segonda, avèva parlat a sons eslèvas de la Mirèlha de Mistrau. (Saint-Bézard): "L'abbé Laclavère aimait raconter qu'une fois, en classe de seconde, il avait parlé à ses élèves de la Mireille de Mistral."

Dans ce cas, le complément introduit par a se pronominalise, naturellement, par lo ou los tant au masculin qu'au féminin:

Qu'èi parlat d'aqueth problèma au maire. --> Que l'èi parlat d'aqueth problèma.

Que parlava a la gojata de's maridar. ---> Que'u parlava de's maridar.

Le complément introduit par de peut être pronominalisé par ne:

La nòra que'u se n'arridó quan lo ne parlè. (Lapassade): "La belle-fille lui sourit quand elle lui en parla."


Emploi intransitif

Enfin, parlar peut bien sûr être employé intransitivement, comme en français:

per d'aquò non parlar guaire (d'Astros): "pour ne pas trop parler de cela"

Que podetz parlar francament. (Fables causides): "Vous pouvez parler franchement."